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Crédit : Marco Wolff / Pixabay

SANTÉ DES JEUNES – Il n’est pas toujours simple, pour les ados, de trouver des réponses à leurs questions. A plus forte raison dans un contexte où leur santé mentale s’est dégradée, du fait de la crise sanitaire et des confinements successifs*. Dans une optique de prévention, la Maison des adolescents de l’Oise entend leur apporter des informations et les orienter vers des solutions adaptées à leurs besoins. Elle ouvrira ses portes aux jeunes et à leurs proches à Montataire, en janvier 2023.

Les Maisons des adolescents existent depuis 2004. Elles sont à la fois des lieux d’accueil, pour les jeunes de 11 à 25 ans et leurs proches, et des lieux de formation et de coordination pour les professionnels en lien avec les adolescents. Il n’en existe pas dans l’Oise. Un manque qui se fait sentir, et que les acteurs du projet territorial de santé mentale n’ont pas manqué de relever. C’est dans ce contexte que la décision d’ouvrir une Maison des adolescents a été prise. Financée par l’ARS des Hauts-de-France, elle sera gérée au quotidien par la Nouvelle Forge en partenariat avec l’association Jade, le SATO (Service d'aide aux toxicomanes de l'Oise), la PJJ (Protection judiciaire de la jeunesse) et la commune de Montataire. Sa coordinatrice, Laetitia Usubelli, répond à nos questions concernant cette ouverture.

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Laetitia Usubelli, coordinatrice de la Maison des adolescents de l'Oise

C’est quoi une Maison des adolescents ?

Une Maison des adolescents remplit une mission double.

Pour commencer, c’est un lieu d’accueil pour les adolescents et leurs proches qui souhaitent avoir des informations sur toutes les thématiques qui vont s’attacher à l’adolescence : la santé sexuelle, les relations amicales ou amoureuses, la prévention des actes suicidaires, les addictions, le civisme, etc. La Maison des adolescents a pour ambition de couvrir tout ce champ. Les jeunes peuvent y venir d’eux-mêmes ou être orientés par l’Education nationale, par des éducateurs des centres sociaux et culturels ou de la PJJ, par tous les partenaires du territoire. Des parents peuvent venir également, seuls ou avec l’enfant concerné, quand ils se posent des questions au sujet de leur ado. On peut même accueillir la famille entière si c’est pertinent !

La Maison des ados s’adresse également aux professionnels en lien avec des adolescents dans tout le département. Pour eux c’est un centre de ressources, qui proposent des rencontres, des formations, des outils, un accompagnement, dont le dénominateur commun est toujours l’adolescence.

Quelles sont les modalités d’accueil de la Maison des adolescents ?

La Maison des adolescents est un lieu d’accueil libre, où les jeunes peuvent venir avec ou sans rendez-vous, pendant les heures d’ouverture. Face à lui, le jeune peut trouver une coordinatrice psychologue, un éducateur, une assistante sociale, une infirmière, une secrétaire. Chacun assure des créneaux d’accueil libre. L’accueil à la Maison des adolescents est vraiment l’affaire de tous.

Mais la Maison des adolescents n’est pas une maison de quartier, où l’on viendrait tuer le temps, jouer au baby-foot ou lire un bouquin. C’est un lieu d’accueil et de rencontres, certes, mais soit avec des professionnels, soit avec d’autres jeunes, en groupe, autour d’une thématique défini et avec un objectif, d’information, de sensibilisation, de prévention, ou d’entrée dans un parcours de soins.

D’ailleurs, l’accueil libre n’est pas la seule modalité d’accueil de la Maison des adolescents. Tout un programme d’ateliers, de rencontres, de groupes de paroles, de ciné-débats, de soirées thématiques est établi et diffusé, et les jeunes ou leurs proches peuvent naturellement s’y inscrire. L’on y aborde des thématiques liées à la santé au sens large, selon la fameuse définition de l’OMS** : de la santé mentale à la citoyenneté en passant par la santé sexuelle et la vie sociale. Ces activités sont animées par les professionnels de la Maison des adolescents ou des intervenants invités (voir encart plus bas).

Au-delà de l’accueil, quel est votre rôle dans le réseau de santé et de santé mentale ?

Tout d’abord, il faut rappeler que la Maison des adolescents n’est pas un lieu de soins, elle ne se substitue donc à aucune structure existante de ce point de vue. Le repérage précoce constitue néanmoins l’une de ces raisons d’être.
Qu’est-ce que ça veut dire ? Imaginons qu’une infirmière de l’Education nationale nous envoie un jeune qui est en train de décrocher. Il ne vient plus qu’un jour sur deux au collège ou au lycée. La Maison des adolescents peut l’accueillir. Il sera vu par l’infirmière, par la psychologue et/ou par l’éducateur. Notre rôle est de déterminer si on a là les prémisses d’un trouble psychique, l’installation d’une addiction, une problématique de harcèlement, une trop grande consommation d’écrans…
L’enjeu est de repérer le plus tôt possible quelque chose qui s’installe ou qui s’annonce. En agissant à la racine, on a plus de chance d’arrêter un processus pernicieux. Cela évite que l’entrée dans un parcours de soins se fasse de manière gravissime, parce qu’on a attendu, que le jeune a 18 ans et qu’entretemps son problème est devenu aigu.

Ce repérage se fait en 5 ou 6 entretiens, qui sont des entretiens d’évaluation ou d’accompagnement d’un projet du jeune. Dans certains cas, ça peut suffire. Si au cours de ces entretiens on se rend compte qu’il faut prolonger le parcours, alors on oriente l’adolescent vers d’autres structures.

Que proposez-vous aux professionnels du département confrontés à des problématiques adolescentes ?

Concernant les professionnels, on a un premier niveau d’intervention sur toutes les thématiques liées à l’adolescence : on forme, pour donner des bases. Beaucoup de professionnels s’appuient sur des notions relativement vagues, souvent issus de leur expérience personnelle, concernant l’adolescence. Ils sont demandeurs de repères, de connaissances et de méthode, et nous sommes là pour leur en donner.

La Maison des adolescents a toutefois pour vocation d’aller plus loin, de les outiller et de leur apprendre à repérer les signes avant-coureurs d’un passage à l’acte ou d’un décrochage scolaire, d’une entrée dans telle ou telle problématique. La méthodologie du repérage précoce doit se diffuser massivement pour livrer tous ses effets. Dans cette optique, notre équipe peut également apporter un appui aux professionnels du département sur un cas ou une situation spécifique.

Inversement les professionnels qui sont en lien avec nous peuvent contribuer au projet de la Maison des adolescents. Nous en solliciterons pour animer tel ou tel atelier, une conférence, une formation, sur une thématique particulière qui n’est pas au centre de nos compétences.

De ce point de vue vous agissez également comme coordinateur des ressources sur le territoire ?

Oui tout à fait. Dans l’Oise, il y a beaucoup d’initiatives, beaucoup d’actions. Il y a assurément un dynamisme. N’y manque plus qu’un élément de coordination ! La Maison des adolescents peut devenir le lieu où se rencontrent ces différentes initiatives. On a besoin d’un lieu ressource pour se réunir, sortir de nos silos, créer du lien, se connaître ou apprendre à se connaître, pour travailler mieux ensemble. C’est d’autant plus important que la Maison des adolescents, basée à Montataire, sera la Maison des adolescents de tout le département. Tous les jeunes de l’Oise peuvent y être accueillis. Alors bien sûr, c’est plus facile quand on peut s’y rendre à pied ou en bus. D’où la nécessité pour la Maison des adolescents de pouvoir s’appuyer sur de nombreux partenaires partout dans l’Oise… mais aussi de s’engager dans une démarche très volontaire d’aller-vers.

Comment cette démarche d’aller-vers va-t-elle se décliner ?

La Maison des adolescents devra se rendre dans tout le département, par exemple pour des interventions en partenariat avec l’Education nationale, dans des classes. Quand cela est possible, on s’appuiera aussi sur les associations présentes localement pour porter nos messages et nos actions. Dans un second temps, on pourra envisager des formes d’aller-vers plus structurées, pourquoi pas avec des capacités d’accueil nomades, ou des antennes.

L’aller-vers, ça peut aussi prendre forme sur les réseaux sociaux où les adolescents sont très présents. On espère y diffuser des messages et des contenus de prévention, pour qu’ils nous connaissent, qu’ils nous passent un coup de téléphone, le cas échéant. Si ça se révèle pertinent, on pourra aussi imaginer des formats d’intervention en distanciel, avec des « live t’chats » par exemple, qui permettent aux jeunes de poser des questions aux professionnels, en direct, via un réseau social.

 

* depuis début 2021, une augmentation des passages aux urgences pour geste suicidaire, idées suicidaires et troubles de l'humeur chez les enfants de 11-17 ans (niveaux collège, lycée) et dans une moindre mesure chez les 18-24 ans. Les enfants de 11-14 ans (niveau collège) étaient les plus impactés (source : Santé publique France).

** Selon l’Organisation mondiale de la santé, la santé est un état de complet bien-être physique, mental et social et ne consiste pas seulement en une absence de maladie ou d'infirmité.
Constitution (who.int)

Au programme de la Maison des adolescents

Les cafés parents : un lieu d’échange entre parents souhaitant se réunir pour s’entraider, partager leur expérience, être rassurés, orientés. Ces cafés parents sont animés par un professionnel de la Maison des adolescents.

Les groupes thématiques ados sont des temps d’information sur des thèmes précis à destination des adolescents : drogue, discrimination, sexualité, santé, usage des écrans, citoyenneté etc. Ils sont animés par les membres de l’équipe et le cas échéant un intervenant extérieur spécialisé.

Les groupes de parole d’adolescents sont des espaces de parole, d’échanges et d’acquisition de connaissances sur des thèmes tels que l’estime de soi, la confiance en soi, le passage à l’acte violent, la gestion du stress.

Les ateliers santé permettent d’offrir de l’information sur la peau, la nutrition, la sexualité, le sommeil, l’hygiène, etc.

Les ciné-débats sont l’occasion pour les adolescents de s’approprier une problématique à partir d’un document vidéo (films, documentaires). Le ciné-débat est encadré par un professionnel de la MDA et des intervenants extérieurs spécialisés sur la problématique traitée.

L’espace famille est un espace d’information et de conseils aux parents/tuteurs légaux concernant leur enfant (par exemple, une inquiétude au sujet de la santé d’un jeune qui refuse les soins, des conduites addictives ou à risque, une grossesse non souhaitée, etc.).

Les cafés de 16h00 à 16h30 sont destinés aux adolescents, ils ont lieu tous les jours et sont dédiés à un thème différent chaque jour.

Les soirées thématiques partenaires sont des soirées d’information à destination des partenaires sur des thèmes précis, transversaux à tous les domaines d’intervention des professionnels intervenant dans le champ de l’adolescence (professionnels de soin, Forces de l’Ordre, Education Nationale etc.).

Le projet de la Maison des adolescents vous intéresse ?

Vous voulez en savoir plus ou rejoindre l’équipe ? Nous sommes toujours à la recherche d’un éducateur pour un ½ ETP !
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PRÉVENTION - Une journée complète dédiée à la prévention des addictions, pour marquer durablement l’esprit des lycéens. C’est le parti pris d’un collectif d’intervenants rassemblés ce lundi 10 octobre, journée mondiale de la santé mentale, à la Cité scolaire de Chantilly, à l'initiative de la Nouvelle Forge, dans le cadre du dispositif "Tous anti-addictions"1.

Parmi eux, des professionnels des structures de la Nouvelle Forge (CMPP* et EMA**), le SATO (Service d’aide aux toxicomanes de l’Oise), la Prévention routière et la gendarmerie. Ensemble ils ont mis sur pied un programme ludique pour capter l’attention des lycéens : lunettes de simulation d’alcoolémie, tests de connaissances des produits, théâtre interactif, conférences thématiques animées par les professionnels.

Des enseignants du lycée, impliqués eux aussi, ont proposé aux jeunes de mieux se connaître en abordant les émotions sous un angle original, avec l’outil Comcolors. La journée a également été ponctuée par les interventions très suivies du professeur Laurent Karila, psychiatre addictologue (AP-HP) et figure des réseaux sociaux, dans l’amphithéâtre de la Cité scolaire.

Le professeur Laurent Karila intervient devant les lycéens (crédit photo : Camille Genton)

Par-delà les addictions, la santé mentale

Cette journée visait à sensibiliser les lycéens à l’addiction sous toutes ses formes (alcool, écrans, drogue, tabac…), mais aussi aux questions de santé mentale.

L’Équipe mobile pour adolescents (EMA) de la Nouvelle Forge a ainsi pu diffuser toute l’information nécessaire concernant les dispositifs de soin en santé mentale, et répondre directement aux questions des lycéens. « Un tel cadre, qui sort de l’ordinaire, permet de dédramatiser le sujet et de rendre possible l’entrée dans un parcours de soins, pour ceux qui en ont besoin mais n’ont jamais franchi le pas, ou pour ceux qui s’inquiètent pour un proche », explique Anne-Sophie Wecker, psychologue et coordinatrice de l’EMA.

Occupant le théâtre-forum du lycée, les psychologues du CMPP avaient conçu des saynètes interactives, afin de préparer les jeunes aux différentes situations où les produits stupéfiants se manifestent dans la vie quotidienne. Ils y ont fait l’expérience de se positionner une première fois, dans des conditions sécurisantes, face à des propositions qui peuvent leur être faites, au lycée ou dans la rue.

Des dépliants thématiques à emporter chez soi, au stand du SATO

Enfin, un espace confidentiel, où il était possible de se rendre sans être vu, permettait aux lycéens d’être accueillis et écoutés par un psychologue de la Nouvelle Forge et une éducatrice spécialisée du SATO.

Camille Genton, chargée de développement et représentante de la Nouvelle Forge dans le comité de pilotage du dispositif « Tous anti-addictions », dresse le bilan de cette journée : « une enquête réalisée lors d’une précédente intervention au lycée avait montré un mal-être assez répandu chez les jeunes. Les associations impliquées et les partenaires ont donc été très mobilisés, ce qui a permis de déployer un dispositif de grande ampleur. Plusieurs centaines de jeunes ont été touchés, et j’espère qu’ils se souviendront pourquoi et comment solliciter une écoute, une aide, des conseils ». Et les actions de prévention des différents intervenants et les activités du dispositif « Tous anti-addictions » ne s’arrêtent pas là. D’autres évènements et rencontres sont déjà prévus ou à l’étude. Et les équipes de la Nouvelle Forge comptent bien faire partie de l’aventure !

*CMPP : le centre médico-psycho-pédagogique accompagne des enfants et adolescents (jusqu’à 18 ans) présentant des difficultés psychiques, cognitives ou relationnelles. En savoir plus.

**EMA : l’équipe mobile pour adolescents part à la rencontre d’adolescents de 11 à 18 ans, dans leur milieu de vie, afin d’engager une relation thérapeutique qui prépare son orientation vers un projet de soin ponctuel ou durable. En savoir plus

1. Le dispositif "Tous anti-addictions", porté par la mairie de Chantilly, rassemble un collectif d'intervenants pour des opérations de prévention et de sensibilisation.

UN N° VERT D'APPUI aux personnes handicapées et aux aidants dans le cadre de la crise, pour des solutions près de chez vous.

  • Vous êtes en situation de handicap, vous n’avez plus de solution d’accompagnement ou de soins en raison de la crise
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En coopérant ces acteurs sont en capacité, soit de mobiliser des solutions immédiatement disponibles chez l’un d’eux, soit de proposer une réponse coordonnée, soit de créer de nouvelles solutions.

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Une personne atteinte d’autisme manifeste, à des degrés divers et extrêmement variables des troubles de la communication, des interactions sociales et des centres intérêts forts pour quelques sujets, sur lesquels se polarise toute son attention. Les capacités intellectuelles sont souvent préservées mais pas toujours, chaque situation est particulière.

... Lire la suite "Quelques pistes de réflexion pour comprendre l’autisme et ses différentes formes"

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